Châteauroux : il vidait la boîte aux lettres de son ex-patron

Châteauroux : il vidait la boîte aux lettres de son ex-patron

Rédigé le 14/10/2019
Vincent Abraham


Châteauroux. Un agent de sécurité, en froid avec son ancien employeur, a reconnu avoir détourné son courrier durant deux ans. Il risque gros.

 

Tribunal correctionnel de Châteauroux

« Je voulais juste l’embêter un peu… Il avait dénigré ma société. » Pierre est agent de sécurité et responsable de sa propre société depuis trois ans maintenant. Il était auparavant employé dans une autre, où il est resté plusieurs années, et qu’il a fini par quitter en juillet 2016, après une rupture conventionnelle.

Tout aurait pu s’arrêter là, mais Pierre a décidé que non. En partant, il a emporté avec lui son trousseau de clés professionnel et a décidé, quelques jours après son départ, de détourner le courrier de son ex-patron. « Il ne prenait pas tout le courrier, non… Juste les chèques et tout ce qui touchait au paiement, explique Maître Tayon, avocat du plaignant. Et cela a occasionné des difficultés de trésorerie pour mon client. Bien entendu, on suppose que le but de tout cela était de faire couler son entreprise, avant que son ex-employé puisse faire fructifier la sienne… »
Une caméra de surveillanceLes faits se sont déroulés de juillet 2016 à septembre 2018. Bien sûr, Pierre ne s’adonnait pas à ses méfaits tous les jours. « Non, j’ai fait ça six ou sept fois, pas plus… » Brice Tayon estime, lui, que cela s’est répété plus souvent. Maître Odetti, pour la défense campe sur ses positions : « Soyons sérieux, si cela avait été plus souvent, j’ose espérer que le chef d’entreprise visé n’aurait pas attendu deux ans pour agir ! »

C’est effectivement en septembre 2018 que ce dernier, après avoir changé, en vain, le barillet de sa boîte aux lettres, et après avoir ouvert une boîte postale, s’est résolu, sur conseils des fonctionnaires de police, à installer une caméra de surveillance. « On y voit un homme vider la boîte aux lettres, oui, relève Maître Odetti. Un homme qu’on ne peut pas identifier tellement la vidéo est de mauvaise qualité. » Brice Tayon acquiesce. Et Mario Odetti enchaîne : « Donc c’est en assumant parfaitement les faits que mon client comparaît aujourd’hui. » Des faits que Pierre explique ainsi : « Quand j’ai décidé de monter ma propre société, après avoir quitté la sienne, mon ex-patron m’a critiqué. Je n’ai pas apprécié, et j’ai voulu l’embêter. Bien sûr, ce serait à refaire, je ne le referais pas… »

Et pour cause… Comme l’a rappelé la procureure de la République, « en tant que responsable d’une agence de sécurité, vous devez avoir un casier judiciaire vierge… Je demande donc au président du tribunal une non-inscription de votre sanction à votre casier, mais il peut en décider autrement. En revanche, je demande une condamnation à 2.000 € pour vos actes. » Qui s’ajoutent aux 1.800 € demandés par Brice Tayon au titre des dommages et intérêts.

Le jugement en délibéré a été reporté au 21 octobre.